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Les poèmes sont des grappes d'images
Zitat von jipe am 16. September 2024, 3:40 UhrConsolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille, François de Malherbe
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle ?
Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours ?Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n'ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avec que son mépris.Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il advenu?Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil ?
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l'âme du corps,
L'âge s'évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts.Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale,
Et Pluton aujourd'hui,
Sans égard du passé les mérites égale
D'Archémore et de lui.Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes :
Mais songe à l'avenir,
Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes,
Éteins le souvenir.C'est bien je le confesse , une juste coutume,
Que le coeur affligé,
Par le canal des yeux vidant son amertume,
Cherche d'être allégé.Même quand il advient que la tombe sépare
Ce que Nature a joint,
Celui qui ne s'émeut pas à l'âme d'un Barbare,
Ou n'en a du tout point.Mais d'être inconsolable ,et dedans sa mémoire
Enfermer un ennui,
N'est-ce pas se haïr pour acquérir la gloire
de bien aimer autrui ?/…/
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles :
On a beau la prier ;
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N'en défend point nos rois.De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut est la seule science
Qui nous met en repos.
Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille, François de Malherbe
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle ?
Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours ?
Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n'ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avec que son mépris.
Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il advenu?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil ?
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l'âme du corps,
L'âge s'évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts.
Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale,
Et Pluton aujourd'hui,
Sans égard du passé les mérites égale
D'Archémore et de lui.
Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes :
Mais songe à l'avenir,
Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes,
Éteins le souvenir.
C'est bien je le confesse , une juste coutume,
Que le coeur affligé,
Par le canal des yeux vidant son amertume,
Cherche d'être allégé.
Même quand il advient que la tombe sépare
Ce que Nature a joint,
Celui qui ne s'émeut pas à l'âme d'un Barbare,
Ou n'en a du tout point.
Mais d'être inconsolable ,et dedans sa mémoire
Enfermer un ennui,
N'est-ce pas se haïr pour acquérir la gloire
de bien aimer autrui ?
/…/
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles :
On a beau la prier ;
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N'en défend point nos rois.
De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut est la seule science
Qui nous met en repos.
Zitat von jipe am 23. September 2024, 3:36 UhrClemens Brentano, extrait de l’Anthologie bilingue de la poésie allemande, Traduction Jean-Pierre Lefebvre
Je veux périr solitaire,
Et qu'on ignore mon mal,
Si l'étoile que j'ai vue
Est emportée de mon ciel,
Je veux périr solitaire
Comme un pèlerin au désert.Je veux périr solitaire
Comme un pèlerin au désert,
Si l'étoile que j'ai vue
Me faisait le dernier signe,
Je veux périr solitaire
Comme un mendiant sur la lande.Je veux périr solitaire
Comme un mendiant sur la lande,
Si l'étoile que j'ai vue
Ne me conduit pas plus loin,
Je veux périr solitaire
Comme le jour dans le soir qui descend.Je veux périr solitaire
Comme le jour dans le soir qui descend,
Si l'étoile que j'ai vue
Ne veut plus jamais me voir,
Je veux périr solitaire
Comme l'esclave à sa chaîne.Je veux périr solitaire
Comme l'esclave à sa chaîne,
Si l'étoile que j'ai vue
Ne luit plus sur mon lit d'épines,
Je veux périr solitaire,
Chant du cygne dans la mort.Je veux périr solitaire
Chant du cygne dans la mort,
Si l'étoile que j'ai vue
N'est plus de paix messagère,
Je veux périr solitaire,
Navire en des mers cruelles.Je veux périr solitaire
Navire en des mers cruelles,
Si l'étoile que j'ai vue
Un jour de moi se détourne,
Je veux périr solitaire
Comme le réconfort dans les douleurs muettes.Je veux périr solitaire
Comme le réconfort dans les douleurs muettes,
Si l'étoile que j'ai vue
Devait un jour être perdue par ma faute,
Je veux périr solitaire
Comme mon coeur dans ton coeur.Texte original :
Extrait de Gedichte - Kapitel 81Einsam will ich untergehn
Keiner soll mein Leiden wissen,
Wird der Stern, den ich gesehn
Von dem Himmel mir gerissen
Will ich einsam untergehn
Wie ein Pilger in der Wüste.Einsam will ich untergehn
Wie ein Pilger in der Wüste,
Wenn der Stern, den ich gesehn
Mich zum letzten Male grüßte
Will ich einsam untergehn
Wie ein Bettler auf der Heide.Einsam will ich untergehn
Wie ein Bettler auf der Heide,
Giebt der Stern, den ich gesehn,
Mir nicht weiter das Geleite
Will ich einsam untergehn
Wie der Tag im Abendgrauen.Einsam will ich untergehn
Wie der Tag im Abendgrauen,
Will der Stern, den ich gesehn
Nicht mehr auf mich niederschauen,
Will ich einsam untergehn
Wie ein Sklave an der Kette.Einsam will ich untergehn
Wie ein Sklave an der Kette,
Scheint der Stern, den ich gesehn
Nicht mehr auf mein Dornenbette
Will ich einsam untergehn
Wie ein Schwanenlied im Tode.Einsam will ich untergehn
Wie ein Schwanenlied im Tode,
Ist der Stern, den ich gesehn
Mir nicht mehr ein Friedensbote
Will ich einsam untergehn
Wie ein Schiff in wüsten Meeren.Einsam will ich untergehn
Wie ein Schiff in wüsten Meeren,
Wird der Stern, den ich gesehn
Jemals weg von mir sich kehren,
Will ich einsam untergehn
Wie der Trost in stummen Schmerzen.Einsam will ich untergehn
Wie der Trost in stummen Schmerzen,
Soll den Stern, den ich gesehn
Jemals meine Schuld verscherzen,
Will ich einsam untergehn
Wie mein Herz in deinem Herzen.
Clemens Brentano, extrait de l’Anthologie bilingue de la poésie allemande, Traduction Jean-Pierre Lefebvre
Je veux périr solitaire,
Et qu'on ignore mon mal,
Si l'étoile que j'ai vue
Est emportée de mon ciel,
Je veux périr solitaire
Comme un pèlerin au désert.
Je veux périr solitaire
Comme un pèlerin au désert,
Si l'étoile que j'ai vue
Me faisait le dernier signe,
Je veux périr solitaire
Comme un mendiant sur la lande.
Je veux périr solitaire
Comme un mendiant sur la lande,
Si l'étoile que j'ai vue
Ne me conduit pas plus loin,
Je veux périr solitaire
Comme le jour dans le soir qui descend.
Je veux périr solitaire
Comme le jour dans le soir qui descend,
Si l'étoile que j'ai vue
Ne veut plus jamais me voir,
Je veux périr solitaire
Comme l'esclave à sa chaîne.
Je veux périr solitaire
Comme l'esclave à sa chaîne,
Si l'étoile que j'ai vue
Ne luit plus sur mon lit d'épines,
Je veux périr solitaire,
Chant du cygne dans la mort.
Je veux périr solitaire
Chant du cygne dans la mort,
Si l'étoile que j'ai vue
N'est plus de paix messagère,
Je veux périr solitaire,
Navire en des mers cruelles.
Je veux périr solitaire
Navire en des mers cruelles,
Si l'étoile que j'ai vue
Un jour de moi se détourne,
Je veux périr solitaire
Comme le réconfort dans les douleurs muettes.
Je veux périr solitaire
Comme le réconfort dans les douleurs muettes,
Si l'étoile que j'ai vue
Devait un jour être perdue par ma faute,
Je veux périr solitaire
Comme mon coeur dans ton coeur.
Texte original :
Extrait de Gedichte - Kapitel 81
Einsam will ich untergehn
Keiner soll mein Leiden wissen,
Wird der Stern, den ich gesehn
Von dem Himmel mir gerissen
Will ich einsam untergehn
Wie ein Pilger in der Wüste.
Einsam will ich untergehn
Wie ein Pilger in der Wüste,
Wenn der Stern, den ich gesehn
Mich zum letzten Male grüßte
Will ich einsam untergehn
Wie ein Bettler auf der Heide.
Einsam will ich untergehn
Wie ein Bettler auf der Heide,
Giebt der Stern, den ich gesehn,
Mir nicht weiter das Geleite
Will ich einsam untergehn
Wie der Tag im Abendgrauen.
Einsam will ich untergehn
Wie der Tag im Abendgrauen,
Will der Stern, den ich gesehn
Nicht mehr auf mich niederschauen,
Will ich einsam untergehn
Wie ein Sklave an der Kette.
Einsam will ich untergehn
Wie ein Sklave an der Kette,
Scheint der Stern, den ich gesehn
Nicht mehr auf mein Dornenbette
Will ich einsam untergehn
Wie ein Schwanenlied im Tode.
Einsam will ich untergehn
Wie ein Schwanenlied im Tode,
Ist der Stern, den ich gesehn
Mir nicht mehr ein Friedensbote
Will ich einsam untergehn
Wie ein Schiff in wüsten Meeren.
Einsam will ich untergehn
Wie ein Schiff in wüsten Meeren,
Wird der Stern, den ich gesehn
Jemals weg von mir sich kehren,
Will ich einsam untergehn
Wie der Trost in stummen Schmerzen.
Einsam will ich untergehn
Wie der Trost in stummen Schmerzen,
Soll den Stern, den ich gesehn
Jemals meine Schuld verscherzen,
Will ich einsam untergehn
Wie mein Herz in deinem Herzen.
Zitat von rosemarie am 2. Oktober 2024, 8:23 UhrOctobre
Le ciel est tout couvert de nuages marbrés.
L’écho vibre au lointain comme un bronze d’alarmes.
Chaque nuit le gel mord les rameaux diaprés,
Et les feuilles des bois tombent comme des larmes.Il vente, il grêle, il pleut. Les lourds torrents gonflés
Dans les vallons déserts grondent comme les fauves.
Pour des bords plus cléments les maestros ailés
Désertent, inquiets, les bosquets demi-chauves.Des rayons hésitants tombent comme à regret
Du sombre firmament sur la terre alarmée.
Adieu les fleurs ! adieu les chants sous la ramée !
Adieu les rendez-vous au bord de la forêt !Mais, comme le flambeau divin de l’Espérance
Fait envoler la nuit de tout cœur douloureux,
Le radieux soleil percera de ses feux
La brume qui dérobe aux yeux l’azur immense.Midi flamboie encore, et les pêcheurs, toujours
Patients, sur les eaux laissent flotter leurs lièges.
Les vieux trappeurs, campés au fond des grands bois sourds,
Le fusil sous le bras, vont visiter leurs pièges.De l’aube jusqu’au soir, sur le sol morne et froid,
Qui berce au vent sapins, ormes, frênes, érables,
Retentissent des chocs sinistres, formidables,
Où se mêlent des cris de triomphe et d’effroi.Ce sont les défricheurs qui causent ces vacarmes :
Avec le fer brutal ils renversent les fûts
D’arbres portant jusqu’à l’éther leurs fronts touffus.
Et les feuilles toujours tombent comme des larmes.- William Chapman
Octobre
Le ciel est tout couvert de nuages marbrés.
L’écho vibre au lointain comme un bronze d’alarmes.
Chaque nuit le gel mord les rameaux diaprés,
Et les feuilles des bois tombent comme des larmes.
Il vente, il grêle, il pleut. Les lourds torrents gonflés
Dans les vallons déserts grondent comme les fauves.
Pour des bords plus cléments les maestros ailés
Désertent, inquiets, les bosquets demi-chauves.
Des rayons hésitants tombent comme à regret
Du sombre firmament sur la terre alarmée.
Adieu les fleurs ! adieu les chants sous la ramée !
Adieu les rendez-vous au bord de la forêt !
Mais, comme le flambeau divin de l’Espérance
Fait envoler la nuit de tout cœur douloureux,
Le radieux soleil percera de ses feux
La brume qui dérobe aux yeux l’azur immense.
Midi flamboie encore, et les pêcheurs, toujours
Patients, sur les eaux laissent flotter leurs lièges.
Les vieux trappeurs, campés au fond des grands bois sourds,
Le fusil sous le bras, vont visiter leurs pièges.
De l’aube jusqu’au soir, sur le sol morne et froid,
Qui berce au vent sapins, ormes, frênes, érables,
Retentissent des chocs sinistres, formidables,
Où se mêlent des cris de triomphe et d’effroi.
Ce sont les défricheurs qui causent ces vacarmes :
Avec le fer brutal ils renversent les fûts
D’arbres portant jusqu’à l’éther leurs fronts touffus.
Et les feuilles toujours tombent comme des larmes.
- William Chapman
Zitat von jipe am 7. Oktober 2024, 4:45 UhrOctobre, Emile Augier, Anthologie des poètes français du XIXe siècle
Puisque Cybèle a clos ses amours de l’année,
Puisqu’elle a, jusqu’à mai, veuve du beau soleil,
Feuille à feuille, quitté sa robe d’hyménée,
Et que, froide déjà, triste et découronnée,
Elle va réparer ses flancs dans le sommeil ;Puisque les vignerons ont fini la vendange,
Que le vin a coulé sous l’effort des pressoirs,
Que, pour les soins d’hiver, le village s’arrange,
Que l’attirail des champs s’abrite sous la grange,
Et que les froids matins se rapprochent des soirs ;Quittant les champs mouillés et les vignes désertes,
Regagnons à Paris nos gîtes enfumés :
Ce n’est plus la saison des vestes entr’ouvertes,
Des chaleurs qui faisaient aimer les ombres vertes,
Des levers matinaux et des toits mal fermés.Ce qu’il faut maintenant, c’est une chambre close,
Un foyer où pétille un fagot de genêts,
De la bière, une pipe, et, dessus toute chose,
Deux compagnons qu’on aime, avec lesquels on cause
Bien avant dans la nuit, les pieds sur les chenets.
Octobre, Emile Augier, Anthologie des poètes français du XIXe siècle
Puisque Cybèle a clos ses amours de l’année,
Puisqu’elle a, jusqu’à mai, veuve du beau soleil,
Feuille à feuille, quitté sa robe d’hyménée,
Et que, froide déjà, triste et découronnée,
Elle va réparer ses flancs dans le sommeil ;
Puisque les vignerons ont fini la vendange,
Que le vin a coulé sous l’effort des pressoirs,
Que, pour les soins d’hiver, le village s’arrange,
Que l’attirail des champs s’abrite sous la grange,
Et que les froids matins se rapprochent des soirs ;
Quittant les champs mouillés et les vignes désertes,
Regagnons à Paris nos gîtes enfumés :
Ce n’est plus la saison des vestes entr’ouvertes,
Des chaleurs qui faisaient aimer les ombres vertes,
Des levers matinaux et des toits mal fermés.
Ce qu’il faut maintenant, c’est une chambre close,
Un foyer où pétille un fagot de genêts,
De la bière, une pipe, et, dessus toute chose,
Deux compagnons qu’on aime, avec lesquels on cause
Bien avant dans la nuit, les pieds sur les chenets.
Zitat von rosemarie am 18. Oktober 2024, 9:10 UhrChanson d'automne
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleureEt je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.Verlaine
Chanson d'automne
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Zitat von jipe am 21. Oktober 2024, 4:48 UhrVoici que la saison décline, Dernière gerbe, Victor Hugo
Voici que la saison décline,
L'ombre grandit, l'azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L'oiseau frissonne, l'herbe a froid.Août contre septembre lutte ;
L'océan n'a plus d'alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l'été fond.
Voici que la saison décline, Dernière gerbe, Victor Hugo
Voici que la saison décline,
L'ombre grandit, l'azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L'oiseau frissonne, l'herbe a froid.
Août contre septembre lutte ;
L'océan n'a plus d'alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l'été fond.
Zitat von rosemarie am 29. Oktober 2024, 7:12 UhrRoses d’automne
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.Nérée Beauchemin
Roses d’automne
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.
Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.
Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.
En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.
Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.
Nérée Beauchemin
Zitat von jipe am 4. November 2024, 4:30 UhrJ’ai demandé à l’Intelligence Artificielle de ChatGPT de créer un sonnet humoristique sur l'automne. En voici le résultat. A vous de juger !
L’automne humoristique
Dans le jardin, les feuilles dansent en rond,
Sous les nuages, le ciel fait la grimace,
Les citrouilles rient, c’est la fête des frissons,
Les enfants courent, la chasse à la place.Le vent joue des tours, chahute les chapeaux,
Un écureuil rusé chaparde des glands,
Les marrons roulent, c'est la guerre des héros,
Tandis que le café devient brûlant.Les pulls en laine, compagnons des frimas,
Font rougir nos joues et rimer l'ennui,
Les pommes se pressent, un bon jus pour les rois.Mais, oh, quel plaisir, ces couleurs en folie,
L’automne, ce clown qui jamais ne s’en va,
Nous rappelle que rire est un doux abri.
J’ai demandé à l’Intelligence Artificielle de ChatGPT de créer un sonnet humoristique sur l'automne. En voici le résultat. A vous de juger !
L’automne humoristique
Dans le jardin, les feuilles dansent en rond,
Sous les nuages, le ciel fait la grimace,
Les citrouilles rient, c’est la fête des frissons,
Les enfants courent, la chasse à la place.
Le vent joue des tours, chahute les chapeaux,
Un écureuil rusé chaparde des glands,
Les marrons roulent, c'est la guerre des héros,
Tandis que le café devient brûlant.
Les pulls en laine, compagnons des frimas,
Font rougir nos joues et rimer l'ennui,
Les pommes se pressent, un bon jus pour les rois.
Mais, oh, quel plaisir, ces couleurs en folie,
L’automne, ce clown qui jamais ne s’en va,
Nous rappelle que rire est un doux abri.
Zitat von jipe am 25. November 2024, 3:42 UhrXI, Les stances • Sixième livre, Jean Moréas
Quand reviendra l’automne avec les feuilles mortes
Qui couvriront l’étang du moulin ruiné,
Quand le vent remplira le trou béant des portes
Et l’inutile espace où la meule a tourné,Je veux aller encor m’asseoir sur cette borne,
Contre le mur tissé d’un vieux lierre vermeil,
Et regarder longtemps dans l’eau glacée et morne
S’éteindre mon image et le pâle soleil.
XI, Les stances • Sixième livre, Jean Moréas
Quand reviendra l’automne avec les feuilles mortes
Qui couvriront l’étang du moulin ruiné,
Quand le vent remplira le trou béant des portes
Et l’inutile espace où la meule a tourné,
Je veux aller encor m’asseoir sur cette borne,
Contre le mur tissé d’un vieux lierre vermeil,
Et regarder longtemps dans l’eau glacée et morne
S’éteindre mon image et le pâle soleil.
Zitat von jipe am 2. Dezember 2024, 3:32 UhrL’automne, Le parnasse contemporain, Théodore de Banville
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.Déjà la nymphe qui s’étonne,
Blanche de la nuque à l’orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.
L’automne, Le parnasse contemporain, Théodore de Banville
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.
Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.
Déjà la nymphe qui s’étonne,
Blanche de la nuque à l’orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.