Nur ungelesene Themen anzeigen   

Du musst dich anmelden um Beiträge und Themen zu erstellen.

Les poèmes sont des grappes d'images

VorherigeSeite 10 von 14Nächste

Été : être pour quelques jours

Été : être pour quelques jours le contemporain des roses ;

respirer ce qui flotte autour de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt une confidente,

et survivre à cette soeur en d'autres roses absente.

— Rainer Maria Rilke

 

Superbe !

Les cloches, I, Edgar Poe (poème interprété en vers français par Emile Blémont)

Ecoutez les traîneaux à cloches,
Cloches d’argent !
Écoutez-les bien, les légères cloches !…
Les entendez-vous ? Comme elles sont proches !
Ô leur joli son, joyeux et changeant !
Quel monde de gaîté leur mélodie annonce !
Quel rire, et quel rire en réponse !
Dans la froide nuit,
Elles vont sautantes,
Contentes, tintantes,
Toutes palpitantes
Sous le ciel qui luit ;
Et le ciel est plein de blanches étoiles,
Doux regards sans voiles,
Scintillement pur
De cristal limpide inondé d’azur !
Ô la musicale cadence,
Qui danse, danse, danse, danse,
Sur ce rhythme naïf et vieux,
Sorte de chant runique égréné sous les cieux !
Ô le cliquetis changeant et joyeux,
Les tintements mélodieux !
Ô les cloches qui sonnent, sonnent,
Sonnent, sonnent, sonnent !
Ô les cloches d’argent qui dansent et fredonnent !

The bells

Hear the sledges with the bells —
Silver bells!
What a world of merriment their melody foretells!
How they tinkle, tinkle, tinkle,
In the icy air of night.
While the stars that oversprinkle
All the heavens, seem to twinkle
With a crystalline delight;
Keeping time, time, time,
In a sort of Runic rhyme,
To the tintinabulation that so musically wells
From the bells, bells, bells, bells,
Bells, bells, bells —
From the jingling and the tinkling of the bells.

Mois de septembre - François Coppée

Après ces cinq longs mois que j'ai passés loin d'elle,
J'interroge mon cœur ; il est resté fidèle.

En Mai, dans la jeunesse exquise du printemps,
J'ai souffert en songeant à ses beaux dix-sept ans.

Quand la nature, en Juin, de roses était pleine,
J'ai souffert en songeant à sa suave haleine.

En Juillet, quand la nuit peuplait d'astres les cieux,
J'ai souffert en songeant à l'éclat de ses yeux.

Août a flambé, Septembre enfin mûrit la vigne,
Sans que mon triste cœur s'apaise et se résigne.

Toujours son souvenir a le même pouvoir,
Et je n'ai qu'à fermer les yeux pour la revoir.

En septembre, Poèmes divers, Paul Verlaine,

Parmi la chaleur accablante
Dont nous torréfia l’été,
Voici se glisser, encor lente
Et timide, à la vérité,

Sur les eaux et parmi les feuilles,
Jusque dans ta rue, ô Paris,
La rue aride où tu t’endeuilles
De tels parfums jamais taris,

Pantin, Aubervilliers, prodige
De la Chimie et de ses jeux,
Voici venir la brise, dis-je,
La brise aux sursauts courageux…

La brise purificatrice
Des langueurs morbides d’antan,
La brise revendicatrice
Qui dit à la peste : va-t’en !

Et qui gourmande la paresse
Du poète et de l’ouvrier,
Qui les encourage et les presse…
» Vive la brise !  » il faut crier :

» Vive la brise, enfin, d’automne
Après tous ces simouns d’enfer,
La bonne brise qui nous donne
Ce sain premier frisson d’hiver ! «

Credo, Lucien Jacques, extrait de C’était hier et c'est demain, Editions Seghers

Je crois en l’homme, cette ordure,
je crois en l’homme, ce fumier,
ce sable mouvant, cette eau morte ;

je crois en l’homme, ce tordu,
cette vessie de vanité ;
je crois en l’homme, cette pommade,
ce grelot, cette plume au vent,
ce boutefeu, ce fouille-merde ;
je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
de mortel et d’irréparable,
je crois en lui,
pour la sûreté de sa main,
pour son goût de la liberté,
pour le jeu de sa fantaisie,

pour son vertige devant l’étoile,
je crois en lui
pour le sel de son amitié,
pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
pour le simple accueil d’un berger.

En ces temps où le soleil se fait de plus en plus rare, voici : Hymne au soleil, Chanteclerc, Edmond Rostand

/…/
Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l’amour maternel !

Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L’humble vitre d’une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !
/…/
Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

Tu changes en émail le vernis de la cruche ;
Tu fais un étendard en séchant un torchon ;
La meule a, grâce à toi, de l’or sur sa capuche,
Et sa petite sœur la ruche
A de l’or sur son capuchon !

Gloire à toi sur les prés ! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails !

C’est toi qui, découpant la sœur jumelle et sombre
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
À chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !

Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu’elles sont !

Le loup guerrier, livre I, fable XII, Fables, Gotthold Ephraim Lessing, traduction et mise en vers par André-Joseph Grétry

Ce loup, célèbre dans l’histoire,
Loup de glorieuse mémoire,
Loup fameux par tant de travaux,
Fut mon père, fut un héros,
Disait au fin renard un loup novice encore :
En voit-on de plus brave ? oh ! certes, je l’ignore :
Quel coup d’œil, quel sang froid, quelle intrépidité !
Dans toute la contrée il était redouté ;
Rien ne portait obstacle à son ardeur guerrière,
Et deux cents ennemis que sa dent meurtrière
Envoya tour à tour dans l’empire des morts,
Peuvent nous attester ses belliqueux efforts.
Est-il donc étonnant que le sort ait fait naître
Une fois, enfin, son vainqueur,
Plus heureux, moins brave peut-être ?

Les roses de Saâdi, Poésies inédites, Marceline Desbordes-Valmore

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

 

Sonnet d’Amour sous la Neige, poème généré par IA

L’hiver a tissé son manteau de silence,
La neige enlace les branches d’argent pâle,
Et mon cœur, sous l’étreinte froide, s’élance
Vers toi, dont l’absence est un froid scandale.

Les flocons dansent, légers comme un soupir,
Le vent murmure des mots évanouis,
Mais rien n’efface ton doux souvenir,
Ni le temps glacé, ni les nuits ennemies.

Ô mon amour, quand reviendras-tu donc ?
La terre est blanche et le ciel se confond
Avec mes rêves où ton nom se dessine.

Je tends les mains vers l’ombre de tes pas,
Et dans ce désert où tout semble hélas,
Ta chaleur demeure en moi, seule et divine.

VorherigeSeite 10 von 14Nächste