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Les poèmes sont des grappes d'images
Zitat von jipe am 28. September 2026, 5:05 UhrSale temps pour la poésie, Gesammelte Gedichte, Bertold Brecht
Je le sais bien : Seul le bonheur
Est apprécié. Sa voix
Est agréable à entendre. Son visage est beau.L’arbre étiolé de la cour
Montre l’aridité du sol, mais
Les passants le traitent d’estropié
A juste titre.Les bateaux verts et les joyeuses voiles du détroit,
De tout cela, je ne les vois pas.Je ne vois que le filet déchiré des pêcheurs.
Pourquoi ne parlé-je donc que
De cette femme de quarante ans qui chemine le dos voûté ?
Les seins des jeunes filles
Sont chauds comme aux temps passés.Une rime dans ma chanson
Me semblerait presque être de l’exubérance.En moi s’affrontent
L’enthousiasme à la vue du pommier en fleurs
Et l’effroi lorsque j’entends les discours du barbouilleur. (= Hitler)
Mais seul le second
Me pousse à ma table de travail.Schlechte Zeit für Lyrik, Gesammelte Gedichte, Bertold Brecht
Ich weiss doch: nur der Glückliche
Ist beliebt. Seine Stimme
Hört man gern. Sein Gesicht ist schön.Der verkrüppelte Baum im Hof
Zeigt auf den schlechten Boden, aber
Die Vorübergehenden schimpfen ihn einen Krüppel
Doch mit Recht.Die grünen Boote und die lustigen Segel des Sundes
Sehe ich nicht. Von allem
Sehe ich nur der Fischer rissiges Garnnetz.
Warum rede ich nur davon
Dass die vierzigjährige Häuslerin gekrümmt geht?
Die Brüste der Mädchen
Sind warm wie ehedem.In meinem Lied ein Reim
Käme mir fast vor wie Übermut.In mir streiten sich
Die Begeisterung über den blühenden Apfelbaum
Und das Entsetzen über die Reden des Anstreichers.
Aber nur das zweite
Drängt mich zum Schreibtisch.
Sale temps pour la poésie, Gesammelte Gedichte, Bertold Brecht
Je le sais bien : Seul le bonheur
Est apprécié. Sa voix
Est agréable à entendre. Son visage est beau.
L’arbre étiolé de la cour
Montre l’aridité du sol, mais
Les passants le traitent d’estropié
A juste titre.
Les bateaux verts et les joyeuses voiles du détroit,
De tout cela, je ne les vois pas.
Je ne vois que le filet déchiré des pêcheurs.
Pourquoi ne parlé-je donc que
De cette femme de quarante ans qui chemine le dos voûté ?
Les seins des jeunes filles
Sont chauds comme aux temps passés.
Une rime dans ma chanson
Me semblerait presque être de l’exubérance.
En moi s’affrontent
L’enthousiasme à la vue du pommier en fleurs
Et l’effroi lorsque j’entends les discours du barbouilleur. (= Hitler)
Mais seul le second
Me pousse à ma table de travail.
Schlechte Zeit für Lyrik, Gesammelte Gedichte, Bertold Brecht
Ich weiss doch: nur der Glückliche
Ist beliebt. Seine Stimme
Hört man gern. Sein Gesicht ist schön.
Der verkrüppelte Baum im Hof
Zeigt auf den schlechten Boden, aber
Die Vorübergehenden schimpfen ihn einen Krüppel
Doch mit Recht.
Die grünen Boote und die lustigen Segel des Sundes
Sehe ich nicht. Von allem
Sehe ich nur der Fischer rissiges Garnnetz.
Warum rede ich nur davon
Dass die vierzigjährige Häuslerin gekrümmt geht?
Die Brüste der Mädchen
Sind warm wie ehedem.
In meinem Lied ein Reim
Käme mir fast vor wie Übermut.
In mir streiten sich
Die Begeisterung über den blühenden Apfelbaum
Und das Entsetzen über die Reden des Anstreichers.
Aber nur das zweite
Drängt mich zum Schreibtisch.
Zitat von jipe am 5. Oktober 2026, 4:55 UhrPoème sur le temps qui passe, Isabelle Callis-Sabot
Déjà s’en sont allées les saisons, les années,
Déjà ont disparu les semaines les mois,
Déjà se sont enfuies les heures surannées,
Déjà sont confondus hier et autrefois.
Déjà s’est envolée l’insouciante jeunesse,
Déjà sont oubliés les erreurs, les conflits,
Déjà sont adoucies les anciennes tristesses,
Déjà sont consolés les peines les soucis.
Déjà passe le temps. Dans ma mémoire blême,
Déjà gisent les pleurs, les regrets, les soupirs ;
Déjà le jour se meurt, déjà la nuit ramène
Sa grande ombre étoilée de lointains souvenirs.
Poème sur le temps qui passe, Isabelle Callis-Sabot
Déjà s’en sont allées les saisons, les années,
Déjà ont disparu les semaines les mois,
Déjà se sont enfuies les heures surannées,
Déjà sont confondus hier et autrefois.
Déjà s’est envolée l’insouciante jeunesse,
Déjà sont oubliés les erreurs, les conflits,
Déjà sont adoucies les anciennes tristesses,
Déjà sont consolés les peines les soucis.
Déjà passe le temps. Dans ma mémoire blême,
Déjà gisent les pleurs, les regrets, les soupirs ;
Déjà le jour se meurt, déjà la nuit ramène
Sa grande ombre étoilée de lointains souvenirs.